Revendications

Publié le 16 mai 2014 | par Olivier Borel

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GPA : ouvrons le débat !

La Gestation Pour Autrui est légale et encadrée dans de nombreux pays : Royaume Uni, Danemark, certains états des États-Unis, Afrique du Sud, Australie, Brésil, Canada, Corée, Géorgie, Grèce, Hong-Kong, Israël, Roumanie, Russie, … Ni la Belgique, ni la Nouvelle Zélande, ni les Pays Bas ou encore la Slovaquie ne l’interdisent.

Par ailleurs, si plusieurs pays européens interdisent sur leur sol la GPA, ils permettent souvent à l’enfant né par GPA à l’étranger de bénéficier de la nationalité de ses parents d’intention et d’une filiation établie à leur égard (c’est le cas en Espagne et en Allemagne, par exemple).

L’interdit français de la Gestation Pour Autrui (GPA) conduit un nombre croissant de personnes à l’exil. L’Administration française les persécute lors de leur retour et s’acharne sur leurs enfants. Pourtant un enfant n’a pas à pâtir de son mode de conception.

Les consulats français qui suspectent une GPA (pourtant réalisée dans un pays où elle est légale), refusent régulièrement de délivrer un passeport aux nouveaux nés pour permettre leur retour en France. Apatrides, ces enfants et leurs familles sont maintenus dans des situations précaires en exil. L’État est ainsi responsable de ruptures familiales graves, de conséquences personnelles douloureuses et désastreuses pour les familles. La Lesbian and Gay Pride de Lyon dénonce l’hypocrisie de cette situation qui permet à l’Administration française de prendre en otage des enfants nés par GPA, de broyer leurs familles, et d’obliger les parents à des démarches judiciaires longues et coûteuses. Les enfants nés par GPA à l’étranger ne peuvent pas être les boucs émissaires d’une politique française pétrifiée par une vision de la GPA qui ne correspond qu’à ses dérives.

Maintenir cette interdiction ne va-t-elle pas inciter davantage le « tourisme procréatif » à la recherche d’une mère porteuse vers des pays où cette pratique est encadrée ou simplement autorisée ? Légiférer pour encadrer la gestation pour autrui ne serait-elle pas la meilleure façon de circonvenir le risque de marchandisation du corps humain et d’exploitation des femmes ? Continuer de prohiber cette pratique ne risque t’il pas d’entraîner les citoyens vers des pratiques peu éthiques ? Ne pourrions-nous pas envisager la signature d’une convention internationale régulant la gestation pour autrui dans un cadre éthique, à l’image de la convention de la Haye régissant l’adoption internationale ?

Nous demandons l’ouverture d’un débat serein, sans dogmes ni préjugés (religieux ou moraux). Ce débat doit aborder toutes les faces de la question (projet parental, droits des femmes, dignité humaine, intérêt de l’enfant et risques de marchandisation) et doit être guidé par les valeurs républicaines qui nous animent tous : Laïcité, Égalité et Justice.

Ce débat permettra enfin de répondre aux questions éthiques que soulèvent les exils actuels pour tendre vers une légalisation et un encadrement de la GPA.

Rendez-vous le 11 juin salle Paul Garcin – 7 impasse Fesselles, Lyon 1er – Pour une projection sur ce sujet autour du documentaire « Naitre Père », en présence d’Irène Théry, sociologue, spécialiste de la famille et Alexandre Urwicz, président de l’ADFH.


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