Communiqués

Publié le 17 mai 2013 | par Olivier Borel

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Homophobie des Jeunes nationalistes : le parquet de Lyon entre incompétence et sabotage

Mercredi 15 mai 2013, trois jeunes nationalistes comparaissaient pour «  injures publiques en raison de l’orientation sexuelle  » devant la 11e chambre du Tribunal Correctionnel de Lyon. Comme le parquet de Lyon avait convoqué les prévenus au delà du délai de prescription de trois mois, le président n’a pu que reconnaître la prescription des faits et débouter l’association qui se constituait partie civile.

Le Collectif unitaire pour l’Egalité de Lyon exprime sa profonde colère face à ce que l’on peut qualifier au mieux d’incompétence, et au pire de volonté délibérée de sabotage. Comment le parquet de Lyon a-t-il pu être aussi négligeant  ? Comment a-t-il pu délivrer des citations à comparaître au-delà des délais de prescription  ?

Le parquet de Lyon doit assumer toutes ses responsabilités dans cette affaire. Le Collectif unitaire pour l’Egalité de Lyon ne peut plus tolérer ce laxisme. Nous exigeons des explications.

Notre colère est d’autant plus forte que ce n’est pas la première faute du parquet de Lyon dans ce domaine. En janvier 2009 déjà, dans une affaire similaire, le parquet de Lyon avait dépassé le délaide prescription de 3 mois. Rappelons également que dans l’affaire Berthelot le parquet de Lyon n’avait pas retenu le caractère homophobe de l’agression. L’association avait dû se battre pendant plusde deux ans pour que le tribunal le reconnaisse, et ce malgré l’opposition du parquet de Lyon.

Aujourd’hui, ce sont trois jeunes nationalistes, qui, en marge du rassemblement pour défendre le projet de loi «  mariage pour tous  » du 26 janvier, étaient montés sur un échafaudage pour hurler «  les pédés au bûcher  » resteront donc impunis de la seule faute du parquet de Lyon.

Cette absence de condamnation est d’autant plus inacceptable que le climat est de plus en plus tendu à Lyon comme ailleurs.

–                     Les injures et agressions homophobes se multiplient depuis des mois, comme l’atteste le récent rapport de SOS homophobie (+27 % de signalement en 2012, multiplication par 3 dessignalements depuis octobre 2012).

–                     Le local du parti socialiste a été pris d’assaut par les jeunesses nationalistes le 15 avril dernier.

–                     Le local du Forum Gay et Lesbien a été tagué par le GUD le 8 mai dernier

Dans ce contexte, nous aurions justement besoin d’une justice particulièrement attentive, forte et efficace. Or là, de la seule faute du parquet de Lyon ces jeunes identitaires sont ressortis du tribunal la tête haute, fiers de l’impunité dont ils ont pu jouir.

Cette affaire illustre tristement l’urgence d’allonger le délai de prescription pour les injures publiques à caractère homophobe à un an comme pour les propos à caractère raciste ou antisémite. Une proposition de loi dans ce sens a été adoptée en première lecture à l’Assemblée Nationale en octobre 2011 et au Sénat en février 2013. Comme la chambre haute a modifié le texte, il doit repasser en seconde lecture devant l’autre chambre. Nous interpellons les député-e-s de la majorité à inscrire rapidement à l’ordre du jour l’examen de cette proposition de loi afin que de tels cas ne se reproduisent plus.

 

Contacts presse– Collectif Unitaire pour l’Egalité de Lyon.


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