Revendications

    Publié le 10 mai 2015 | par Olivier Borel

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    PMA – GPA : continuons de marcher

    PMA pour toutes : la politique de l’autruche ne pourra pas durer éternellement.

    En France, seuls les couples hétérosexuels peuvent recourir à la PMA. Près de 50 000 enfants naissent en France chaque année grâce à ces techniques. Les couples de lesbiennes et les femmes célibataires sont contraintes, quant à elles, de se rendre en Belgique ou en Espagne pour avoir accès à la PMA. Le fait de réserver ces techniques aux couples hétérosexuels constitue une discrimination. Bénéficier des technologies et progrès médicaux ne devrait pas être conditionné par l’orientation sexuelle ou le statut conjugal.

    Le gouvernement ne doit pas se terrer dans l’inaction.

    En 2012, lors de la campagne présidentielle, le candidat François HOLLANDE s’y était fortement engagé  : « Une femme doit pouvoir recourir à l’assistance médicale à la procréation, soit parce qu’elle ne peut pas avoir d’enfant, soit parce qu’elle ne souhaite pas avoir une relation avec un homme ». D’hésitations en reculades, le Gouvernement a renoncé à permettre l’accès à la PMA à toutes les femmes. Pourtant, il aurait été de l’honneur des politiques d’accompagner cette évolution sociétale.

    GPA : altruisme, don de soi et droit à disposer de son propre corps

    La Gestation Pour Autrui (GPA), quant à elle, est interdite en France et condamnée par le Code pénal. Cette méthode est pourtant légale et encadrée dans de nombreux pays (Royaume-Uni, Danemark, Belgique ou encore Pays Bas).

    « Permettre aux femmes,

    qui y consentent dans un

    cadre légal, d’offrir un

    enfant à un couple qui ne

    peut en avoir, ne serait-ce

    pas la plus grande subversion

    féministe que l’on puisse

    imaginer : s’affranchir enfin

    du devoir d’être mère ? ».

    Maître Caroline MECARY,

    Le Monde – 07 février 2013

    Les responsables politiques savent que c’est notamment grâce aux techniques de PMA et GPA que les parents homosexuels peuvent faire famille, et non par l’adoption internationale qui devient symbolique, y compris pour les couples hétérosexuels. La France ne peut pas refuser cette réalité et affirmer de grands principes (qui reposent généralement sur des dogmes et préjugés religieux et moraux) tout en sachant pertinemment que les faits sociaux permettront de les contourner. Aucune loi, même gravée dans le marbre de la Constitution, n’empêchera le désir si profond de la parentalité.

    Dès lors, ouvrons le débat, sans anathème, mais également sans arrière-pensée, pour une reconnaissance de la GPA en France et répondre enfin à toutes ces questions :

    • légiférer pour encadrer la gestation pour autrui ne serait-elle pas la meilleure façon de circonvenir le risque de marchandisation du corps humain et d’exploitation des femmes ?
    • continuer de prohiber cette pratique ne risque t’il pas d’entraîner les citoyens vers des pratiques peu éthiques ?
    • ne pourrions-nous pas envisager la signature d’une convention internationale régulant la gestation pour autrui dans un cadre éthique, à l’image de la convention de la Haye régissant l’adoption internationale ?

    La femme est libre et responsable de son corps.

    Elle seule peut décider ou non de venir en aide à une autre personne. Nous devons tordre le cou aux fantasmes véhiculés qui stigmatisent des femmes courageuses, pleines de vie et volontaires à porter un enfant pour d’autres. Aussi, si la loi encadre la GPA et la contrôle par le droit, assurant ainsi aux femmes une précaution médicale, physique, juridique et psychologique, la GPA deviendra alors un acte compassionnel de don et d’altruisme.

     


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