Revendications

Publié le 16 mai 2014 | par Olivier Borel

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PMA : la trahison de François Hollande

Le nouveau Premier Ministre renonce à tout combat pour l’égalité des droits. « La PMA, ce n’est ni pour aujourd’hui, ni pour demain », a martelé Manuel VALLS depuis le Vatican où il se trouvait, représentant de la France, aux canonisations de Jean XXIII et Jean-Paul II, le 27 avril dernier.

La Lesbian and Gay Pride de Lyon n’a eu de cesse de critiquer la dissociation de la question du mariage de celle de la PMA et de pointer le risque d’une radicalisation des anti-tout. Aujourd’hui nous ne pouvons que déplorer de voir le gouvernement céder à la panique. Il capitule face aux vociférations homophobes et aux propos violents de la mouvance anti-égalité. Il se laisse intimider par les forces réactionnaires et conservatrices qui se sont réveillées en 2013 contre le « mariage pour tous ».

« Oui, je suis favorable à l’ouverture de la PMA aux couples de lesbiennes. Aux conditions d’âge, bien sûr. Je suis très précis là-dessus. Il faut que ce soit un projet parental »
François Hollande

Pourtant, nous avons clairement en mémoire la promesse de campagne du candidat François HOLLANDE. L’ouverture de la Procréation Médicalement Assistée (insémination artificielle) aux couples de femmes figurait également dans les programmes de toutes les formations politiques de la majorité actuelle, sur la base desquels les député-e-s ont été élu-e-s les 10 et 17 Juin 2012.

Les questions relatives à la PMA ont été débattues lors des premières lois de bioéthique de 1994. Il a été décidé alors qu’il n’y avait pas d’opposition à ce que cette technique d’assistance médicale à la procréation soit mise en œuvre en France. La rupture du lien entre sexualité et procréation a donc été actée en 1994 – et l’ouverture de la PMA aux couples de femmes n’en est qu’un prolongement légitime qui ne remet aucunement en cause la décision prise à l’époque. En quoi serait-il moins “éthique” qu’une femme donne naissance à un enfant par le biais d’une insémination artificielle dès lors qu’elle est en couple avec une femme plutôt qu’avec un homme ou seule ? Sauf à considérer qu’un couple lesbien est moins apte à fonder une famille qu’un couple hétérosexuel. Sauf à considérer qu’une femme seule est moins apte qu’un couple hétérosexuel.

« Une femme doit pouvoir recourir à l’assistance médicale à la procréation, soit parce qu’elle ne peut pas avoir d’enfant, soit parce qu’elle ne souhaite pas avoir une relation avec un homme. »
François Hollande

Cette énième reculade traduit également une forme de mépris du gouvernement pour toutes les lesbiennes qui courent des grands risques de santé en raison des traitements hormonaux différents entre la France et les pays dans lesquels elles se rendent pour profiter d’une insémination artificielle. Par contre, encore une fois, les femmes ayant les moyens pourront accéder au droit d’avoir un enfant. Ces femmes se retrouvent dans une situation similaire à celles qui naguère devaient également se rendre à l’étranger pour avorter avant le vote de la loi Weil. Le gouvernement aurait-il moins de courage que Simone Veil ?

L’exigence d’Egalité doit être amplifiée par le gouvernement et menée à son terme avec fermeté et conviction. L’ouverture de la PMA à toutes les femmes est une mesure indispensable pour aller au bout de l’égalité.


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