non classés

    Publié le 15 octobre 2020 | par Rédaction

    0

    Communiqué du Collectif Fiertés en Luttes suite à l’annulation de son Assemblée Générale du 15 Septembre

    TW : mention d’agression
    Ce mardi 15 septembre, suite à l’annulation de l’Assemblée Générale prévue, nous nous sommes exceptionnellement regroupé·es en interne afin de rédiger le communiqué suivant.
    En effet, il nous semble important de vous expliquer le pourquoi de l’annulation de l’AG plus en détail. Nous avons été contraint·es d’annuler pour la deuxième fois une réunion suite à des menaces à l’encontre du lieu qui devait nous accueillir. Ce sabotage est dans la continuité du harcèlement auquel nous sommes confronté·es depuis deux mois. Il comprend des insultes, des menaces physiques, ainsi que de l’intimidation envers des membres ciblé·e·s du CFL et de ses soutiens lors d’évènements militants et sur les réseaux sociaux. C’est à la suite de la découverte de la création d’une liste noire recensant les personnes accusées d’agressions, de soutien d’agresseur·ses, et d’actes discriminants graves, avec lesquelles le CFL ne souhaitait plus/pas travailler, que le CFL a été pris pour cible. Cette liste était pour nous un outil pour se protéger et prévenir ces comportements. Or, avec du recul et suite à de nombreux retours à ce sujet, nous avons compris que cette solution n’était pas la meilleure pour prévenir de ce problème au sein de nos milieux et nous en excusons. Néanmoins, la raison qui nous a amené à créer cette liste n’a pas disparu pour autant, et nous espérons pouvoir trouver ensemble des solutions pour y faire face. Les réactions qui ont fait suite à cette polémique restent également disproportionnées et intolérables. Rien ne justifie les pratiques d’harcèlement et d’intimidation auxquelles nous faisons face.
    Au vue de la situation, l’organisation de réunions publiques est devenue quasiment impossible. A cause de l’épidémie, cela était déjà compliqué, la crainte pour notre sécurité ne nous encourage pas à vouloir organiser plus de réunions publiques.
    Notre jeune âge a souvent été évoqué et notre connaissance de la culture militante remise en question. Il est vrai que nous sommes jeunes comparé·e·s aux militant.es qui nous ont précédé·es et nous sommes prêt·es à apprendre d’elleux, comme c’est le cas par exemple au sujet du terme « veilleur·euses » utilisé pour désigner les personnes en connaissance du contenu de la liste, et associé à la Manif pour Tous. Nous n’avions pas connaissance du lien entre ce terme et la Manif pour Tous, mais réalisons maintenant que cet emploi était inapproprié. Comme chaque personne de ce milieu, quelque soit son âge, nous sommes toustes en déconstruction de manière constante et apprenons chaque jour de l’histoire de nos luttes, présentes ou passées.
    Nous constatons une fracture générationnelle que nous ne souhaitons pas aggraver et qui demandera des efforts de notre part. A l’heure où il existe un militantisme et des ressources en ligne, nous avons fait l’erreur de considérer que certaines choses (par exemple : la non-mixité) allaient de soi. Ce n’est pas le cas et il s’agira d’un effort commun pour se détacher des idées admises.
    Nous mettons en place des lieux de ressources qui représentent le militantisme avec lequel nous avons grandi et que nous défendons. Nous espérons créer ainsi un échange entre nos connaissances et les connaissances de nos aîné.es car notre but est de militer pour tous·tes.
    L’organisation de la pride se doit d’être un effort commun pour qu’elle corresponde à tous·tes. Nous voulons remettre en avant certaines valeurs qui nous semblent importantes comme l’inclusivité, nous souhaitons visibiliser l’ensemble des personnes LGBTIAQ+, d’où la mise en avant de certaines identités minorisées à travers des cortèges en non mixités pendant la Marche. Cela ne signifie pas que la Pride sera inaccessible aux personnes cis hétéros dyadiques, iels restent les bienvenu·es et nous sommes ouvert·es à une discussion dans le respect mutuel.
    Nous allons redoubler d’efforts dans notre communication sur les réseaux sociaux pour éviter tout malentendu. La modération et les réponses aux commentaires se fera de manière plus régulière. Cela veut aussi dire que nous identifierons les personnes qui ne sont pas dans une communication respectueuse et qu’à terme, si une discussion est impossible, nous ne prendrons pas le temps de leur répondre ou de leur laisser de la visibilité.
    Nous remercions toutes les personnes qui nous soutiennent et vous assurons que nous continuons d’organiser la pride, que nous trouvons des solutions. Toute aide est la bienvenue, c’est pour cela que nos réunions sont, et resteront tant que cela est possible, publiques et ouvertes à tous·tes.
    Le CFL


    A propos de



    Back to Top ↑