Prostitution

Publié le 17 mai 2019 | par Rédaction

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Des droits pour les travailleurs·se·s du sexe

En 2016, la Lesbian and Gay Pride de Lyon avait vivement critiqué, dès sa conception, la loi « renforçant la lutte contre le système prostitutionnel ».

En effet, cette loi légitimait la dégradation des conditions de vie, de la santé et de la sécurité des travailleur·se·s du sexe.

Trois ans après, le constat est simple : cette loi pénalise surtout les prostitué.e.s et les met en danger alors qu’elle prétendait les protéger.

Les défenseurs de la loi avaient promis une « inversion de la charge pénale ». Dans la pratique, les travailleur·se·s du sexe continuent d’être harcelé.e.s par la police et davantage pénalisé.e.é.s que les clients.

A titre d’exemple, à Lyon, la municipalité continue d’appliquer des arrêtés qui, sans le dire clairement, visent les travailleuses et travailleurs du sexe, par exemple avec l’interdiction de stationner avec des camionnettes à certains endroits pouvant donner lieu à plusieurs contraventions chaque jour.

Du fait de la concurrence accrue entre les travailleur·se·s du sexe, les clients ont aujourd’hui le pouvoir de faire baisser les tarifs et d’imposer des rapports sans préservatifs.

Cette loi conduit aussi les personnes prostituées à s’éloigner, pour travailler, vers des lieux plus isolés et/ou moins éclairés, loin de collègues qui pourraient protéger ou alerter et également loin des circuits des actrices et acteurs de la prévention et de la santé

Tous les indicateurs démontrent une augmentation des agressions faites sur les personnes et des taux de vulnérabilité accrus face au VIH, aux hépatites et aux IST.

Depuis trois ans maintenant, ces constats récurrents démontrent que la loi n’est pas seulement inefficace : elle nuit aux premier.e.s concerné.e.s.

Elle est un échec sur toute la ligne. Elle bafoue l’ensemble des droits fondamentaux et passe totalement à côté de son objectif de lutte contre la traite et l’exploitation des êtres humains.

Ces constats inacceptables prouvent la nécessité de rectifier de manière urgente le cadre législatif.

Enfin, les associations attendent toujours le rapport gouvernemental sur l’évaluation de la loi, qui devait intervenir dans le courant de l’année 2018.

Le gouvernement a-t-il peur des faits ? ou est-ce une preuve supplémentaire du désintérêt et de l’inaction flagrante des pouvoirs publics ?

La lecture morale et idéologique du travail du sexe se fait au mépris d’enjeux cruciaux de santé publique.

L’Etat doit sortir de cette posture répressive qui est la sienne depuis trop longtemps. Les pouvoirs publics doivent garantir aux travailleur·se·s du sexe les droits sociaux communs à toutes et tous.


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