International

Publié le 17 mai 2019 | par Rédaction

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L’expulsion au cœur des politiques migratoires : une honte !

Répressive, notre politique migratoire est devenue un patchwork d’idées de l’extrême droite française. Elle ne vise qu’à contrôler, sanctionner, enfermer, expulser et bannir davantage les migrant.e.s.

C’est une logique comptable, de gestion des flux, qui s’est prioritairement imposée, au détriment de la dignité et de la solidarité.

La loi « pour une immigration maîtrisée, un droit d’asile effectif et une intégration réussie », qui était portée par Gérard COLLOMB, alors Ministre de l’Intérieur, n’échappe malheureusement pas à cette règle.

Cette loi, adoptée définitivement par la majorité présidentielle à l’Assemblée nationale le 26 juillet 2018 est dangereuse. Elle est décriée, depuis plus d’un an, par toutes les associations de défense des droits humains. Les premiers bilans prouvent qu’elle est une véritable chute des droits pour les migrant.e.s.

A titre d’exemple, les associations de santé ne cessent de dénoncer, depuis un an, une augmentation exponentielle des refus de droits au séjour pour soins depuis que des médecins fonctionnaires zélé.e.s dans l’infamie du ministère de l’intérieur gèrent l’examen des demandes.

Le système Dublin : une violence supplémentaire pour les demandeurs d’asiles !

Peu connu des citoyen.ne.s européen.ne.s, le système Dublin organise la répartition des réfugié.e.s qui demandent asile entre les pays européens selon des critères rigides et peu respectueux du choix des demandeurs. Pire, il leur est imposé par la force, et génère des situations de désespoir dans toute l’Union européenne.

Des réfugié.e.s LGBTI fuient ainsi les persécutions dans leur pays en raison de leur orientation sexuelle, leur identité de genre ou leur expression de genre. Victimes de persécutions dans leur pays d’origine (ostracisation, brimades, viols, meurtre de leur conjoint·e), elles ont fui la mort qui les guettait à chaque instant.

Certaines d’entre elles ont obtenu un visa pour entrer en France, et celle-ci doit étudier leur demande. D’autres sont arrivées jusqu’à nous au péril de leur vie, par les pays européens frontaliers. La France s’appuie alors sur le règlement européen Dublin III pour refuser d’étudier leurs demandes et les renvoyer dans ces pays.

L’expulsion des réfugié·e·s vers le pays d’entrée en Europe est une aberration.

Les personnes qui fuient leur pays et qui choisissent la France le font car elles parlent français ou parce qu’elles connaissent d’autres personnes originaires de leur pays qui pourront les aider. Les contraindre à effectuer leur demande d’asile dans un pays d’Europe dans lequel elles n’ont aucune attache les fragilise davantage, quand quitter son pays a déjà été une terrible déchirure.

Rappelons que l’Union européenne n’est pas homogène quant à la législation vis-à-vis des droits des LGBTI.

Expulser les réfugié.e.s LGBTI vers le pays de leur entrée sur le sol européen revient à les priver du soutien communautaire qui leur est indispensable et à les exposer au risque de nouvelles violences. Outre que nous nous opposons à la rétention des migrant·e·s de manière générale, le droit d’asile n’est pas compatible avec une politique du chiffre.

Nous demandons au gouvernement français d’en finir avec cette logique qui dissuade et exclut des personnes en quête de protection en s’engageant en faveur de la suppression du règlement Dublin et en portant une politique d’asile et d’accueil ambitieuse.


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