Revendications

    Publié le 10 mai 2018 | par Olivier Borel

    0

    Libérez Moussa !

    Cette année, contrairement à la tradition, l’édito ne portera pas sur la thématique de la quinzaine des cultures LGBTI (la solidarité LGBTI brise les frontières) et le mot d’ordre de la marche des fiertés LGBTI (PMA sans condition, l’Égalité n’attend plus). À l’heure où nous clôturons ce guide, nous devons malheureusement alerter l’opinion publique et les politiques sur la situation alarmante de Moussa.

    Moussa, jeune homosexuel guinéen, militant au sein de l’association AIDES à Nîmes, est en détention provisoire, depuis le 4 mai 2018, dans une prison de la métropole de Lyon.

    Pourquoi est-il emprisonné ?

    Moussa, sans papiers après avoir été débouté, en 2017, de sa demande d’asile, est frappé d’une obligation de quitter le territoire (OQTF). La préfecture du Gard a tenté de l’expulser plusieurs fois vers la Guinée-Conakry sans succès face à sa détermination de rester en France pour échapper à la mort. Dans son pays, son homosexualité peut lui faire encourir plusieurs années de prison ou pire : le lynchage, comme celui dont a été victime son compagnon. Rester en France est donc pour lui une question de vie ou de mort.

    Ainsi, le 3 mai dernier à l’aéroport St-Exupéry de Lyon, Moussa a une nouvelle fois refusé d’embarquer dans un avion qui devait le ramener de force dans son pays. Suite à ce refus d’obtempérer, Moussa est alors passé en comparution immédiate au Tribunal de Grande Instance de Lyon qui l’a placé en détention provisoire sous mandat de dépôt dans l’attente de son jugement prochain, le 12 juin prochain.

    Nos organisations demandent l’abandon de toutes les poursuites judiciaires à son encontre, sa libération immédiate et le réexamen de sa demande d’asile.

    Nous devons aussi dénoncer les éléments de langage des pouvoirs publics relayés par la députée LREM, Laurence VANCEUNEBROCK-MIALON, sur twitter. Sans avoir pris la peine de rencontrer Moussa pour échanger avec lui sur son passé et son parcours, elle a affirmé qu’il aurait menti sur son homosexualité et sur le lynchage de son compagnon. Par ailleurs, contacté par les journalistes de Komitid (partenaire presse de l’association), elle a rajouté : « j’ai tout à fait conscience que l’amendement qui a été voté va inciter des personnes non gays à affirmer l’être ».

    La Députée fait référence à un amendement sur le projet de loi asile et immigration « qui viserait à mieux protéger les demandeurs d’asile LGBTI ». Cette remarque démontre qu’elle ne maîtrise pas ses dossiers et qu’elle n’a pas conscience de toutes les difficultés que rencontrent les LGBTI pour prouver leur orientation sexuelle et/ou leur identité de genre et les persécutions qu’ils/elles subissent. Devant l’OFPRA et de la CNDA, Les LGBTI doivent faire face à des préjugés éculés et à des questions dégradantes et humiliantes. Comment peut-elle imaginer qu’une personne non LGBTI s’imposerait une telle épreuve et accepterait d’endosser une identité qui la mettrait en danger en cas de retour dans son pays ?

    Sit-in à 14 h 00 le 16 juin en soutien à Moussa et aux migrant.e.s.

    Avant le départ de la 23e marche des fiertés LGBTI, nous organiserons un sit-in afin d’apporter notre soutien aux migrant.e.s victimes de cette politique migratoire, indigne et criminelle, qui fait fi de toute humanité et dénoncer le projet de loi «  pour une immigration maîtrisée, un droit d’asile effectif et une intégration réussie  » qui précarisera et fragilisera encore plus les réfugié.e.s.


    A propos de



    Back to Top ↑
    • Nous soutenir

    • Suivez-nous !

      Facebook15k
      Twitter2k
      Instagram258

      Newsletter