En cette année 2026, nous, associations, collectifs et syndicats engagé·es pour les droits des personnes LGBTQIA+, nous nous unissons derrière cet appel afin de défendre des conditions de vie dignes pour nos communautés.
Alors que les violences LGBTIphobes augmentent, que les discours fascisants gagnent du terrain et que la précarité touche toujours plus durement les personnes trans, racisé·es, handi·es, migrant·es, travailleur·euses du sexe et plus largement les plus marginalisé·es d’entre nous, nous refusons de rester silencieux·ses face aux attaques contre nos existences.
Nous affirmons que nos luttes sont indissociables des combats contre le racisme, le sexisme, le validisme, la putophobie et les politiques autoritaires qui divisent et isolent.
Face à cela, nous choisissons la solidarité, l’organisation collective et la convergence des luttes.
Nous devons lutter et entrer en résistance pour conquérir de nouveaux droits, défendre ceux qui sont menacés et reprendre ceux qui nous ont été arrachés.
Rentrons en résistance pour nos adelphes qui sont victimes de LGBTIphobies au travail ! Le travail représente le 4e lieu des discriminations qui sont majoritairement le fait de nos collègues ou de nos patrons. Le directeur du journal 20 Minutes, Ronan Dubois, est accusé d’avoir utilisé des caricatures sexistes et homophobes pour blesser une femme trans journaliste.
Face à ce constat, nous saluons le travail des syndicats qui se mobilisent pour nos droits. L’année dernière, les syndicats de l’éducation ont réussi à mettre fin à la collaboration entre le Rectorat de Lyon et LIFT, la fondation d’extrême-droite du multimilliardaire Pierre-Edouard Stérin étroitement liée aux milieux catholiques les plus réactionnaires promouvant les thérapies de conversion.
La pression est constante entre les travailleur·euses qui sont mis·es en concurrence sous l’influence d’un discours dominant cherchant constamment des boucs émissaires. Les personnes immigrées sont les premières à en subir les conséquences mais également les personnes LGBTI+ dont les violences subies dans le monde du travail ne font qu’augmenter, ces mêmes violences qui sont majorées par la précarité et le handicap.
Nous portons l’établissement, par les syndicats de travailleur·euses, de chartes contre les LGBTIphobies dans toutes les entreprises publiques comme privées.
Nos pensées vont aussi vers celleux qui ne marcheront plus à nos côtés, mais que nous gardons vivant·es dans nos cœurs aujourd’hui, celleux qui sont parti·es dans l’ombre, sans émoi national, et celleux dont on connaît l’histoire. Comme Caroline Grandjean, qui était institutrice et subissait depuis 2023 un harcèlement lesbophobe fait d’insultes et de menaces.
Elle avait déposé plainte, sans suite, et n’avait reçu aucun soutien de l’Éducation nationale, ni des parents d’élèves, ni de la municipalité où elle enseignait. Elle nous a quitté·es le 1er septembre dernier.
Nous pensons aussi à Syntia Dersoir qui travaillait à McDonald’s et qui a été victime de transphobie par sa direction qui forçait ses collègues à la mégenrer. Elle a réussi à condamner McDonald’s aux prud’hommes, mais nous a également quitté·es le 14 juillet dernier.
Aujourd’hui, être homosexuel·le ou transgenre au travail tue toujours en France, l’Éducation nationale et les entreprises privées ont du sang sur les mains !
Le reste du gouvernement français n’a rien à envier, puisque la France a annoncé une restriction budgétaire de 60 % des fonds destinés à la lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme, passant de 1‚6 milliard d’euros à 660 millions d’euros jusqu’en 2028.
Une baisse qui fait écho à la destruction par l’administration Trump de 10 millions de dollars de contraceptifs qui auraient dû être distribués par USaid à l’international. Ce recul sur nos prises en charge résonne avec les mutilations toujours subies par les personnes intersexes en 2026.
Une proposition de loi a été déposée et nous vous invitons à signer la pétition du Collectif Intersexe Activiste – OII Europe pour enfin mettre un terme aux violences physiques et psychiques imposées aux personnes intersexes.
Cette instrumentalisation des droits des personnes LGBTI+ se ressent également dans le mépris des institutions pour les personnes trans mineures. La Haute Autorité de Santé se targue de vouloir encadrer les parcours de transitions des mineur·es, tout en basant leur travail sur des sources anglo-saxonnes transphobes !
Les associations trans ont été exclues du processus qui impactera la vie d’une centaine de jeunes et nous demandons à ce que la HAS reconnaisse leurs expertises et les intègre à leurs recommandations.
La justice se voit de plus en plus limitée pour les personnes LGBTI+ dans le monde du travail et administratif où l’accès aux procédures est contraint par le paiement de 50 €. Tout comme le projet de Loi Rodwell qui pénalise les changements d’état civil des personnes étrangères. L’accès qui devrait être libre et gratuit à nos droits est donc menacé. Nous redemandons encore l’accès libre et gratuit à la justice mais également la suppression de la mention de genre sur les cartes d’identité ou à défaut les changements d’état civil par simple demande en mairie.
Cette même justice qui fait si souvent défaut à nos adelphes et invisibilise nos luttes malgré le nombre préoccupant de cas de LGBTIphobies en France.
En 2025, SOS homophobie relève 1771 cas, dont 186 agressions physiques. Mais ces chiffres ne sont pas exhaustifs, il s’agit seulement de la partie visible de l’iceberg. Et la justice peine encore à reconnaître que nos identités sont menacées. Nous nous souviendrons de Noahm, jeune homme mort sous les coups d’agresseurs en raison de son expression de genre et la présomption de son homosexualité. Le parquet refuse de prendre en compte le caractère homophobe de l’agression.
Dix ans après l’adoption de la loi de pénalisation des clients des travailleur·euses du sexe, le constat est alarmant : penser comme protectrice de l’exploitation des travailleur·euses du sexe d’un système prostitutionnel, cette politique a renforcé leur précarité, leur isolement et leur exposition aux violences. Les premières victimes de ce système sont les personnes qu’elles étaient censées protéger, celleux dont les revendications ont été réduites au silence au profit de politiques abolitionnistes.
Et aujourd’hui, on dénombre l’augmentation de leurs mort·es et les détériorations de leurs conditions de vie qui continuent d’être ignorées. Depuis 2016, 42 femmes ont été assassinées, dont 4 femmes trans, et certainement beaucoup d’autres qui n’ont pas été recensées ; ne les oublions pas ! Au nom de leur protection, on justifie les expulsions, le harcèlement policier, les obstacles à l’accès au logement, à un compte en banque ou à la régularisation des personnes sans papiers.
Aujourd’hui encore, de nouvelles mesures répressives visant le travail du sexe en ligne menacent d’aggraver cette situation. Nous affirmons que les travailleur·euses du sexe doivent être entendu·es et que leurs droits doivent être garantis. Face à l’urgence de la situation, une vingtaine d’organisations de travailleur·euses du sexe ont élaboré une proposition de loi, poursuivant comme objectifs leur décriminalisation, la fin de leur stigmatisation, l’amélioration de l’aide apportée aux travailleur·euses du sexe sans titre de séjour et le respect de leur capacité à s’organiser collectivement.
Nos droits sont piétinés partout y compris dans le sport. Trente ans après, le Comité international olympique a rétabli les tests génétiques de féminité que l’on croyait relégués au passé, bannissant de fait les athlètes transgenres et une grande partie des athlètes intersexes des compétitions féminines, au mépris de leur dignité, de leur santé et de leur droit à pratiquer leur discipline. Une décision que les fédérations nationales et la justice française approuvent aveuglément : la justice française a relaxé la Fédération Française d’Athlétisme, poursuivie pour discrimination suite à l’exclusion de la sprinteuse Halba Diouf depuis 2023.
Nous refusons que le sport devienne le laboratoire des politiques transphobes et intersexophobes. Nous défendons un sport accessible à toustes, libéré du contrôle des corps, de la surveillance médicale et des discriminations. Parce que pratiquer un sport ne devrait jamais dépendre de son identité de genre ou de son intersexuation, nous exigeons la fin des politiques d’exclusion et la construction d’un sport véritablement inclusif et fondé sur l’égalité !
Enfin, le problème dépasse largement nos frontières puisqu’à l’internationale, les LGBTIphobies gagnent du terrain et les attaques frontales à l’identité et aux droits des personnes issues de minorités sexuelles et de genre se multiplient.
L’administration Trump donne l’exemple aux Etats-Unis, à l’origine d’un net recul des droits des personnes trans qui se sont vu·es retirer leurs papiers d’identité sans autre forme de justification que de “rétablir la vérité biologique”.
En 2025, 616 propositions de loi discriminant les personnes LGBTI+ ont été déposées et 74 acceptées, visant à bloquer l’accès aux soins des personnes trans mineures et à invisibiliser leur existence dans les établissements scolaires. 25 états appliquent un décret de Donald Trump interdisant pour les personnes trans de moins de 19 ans l’accès aux soins d’affirmation de genre, ce qui a été confirmé par la Cour suprême.
Fin 2025, l’ONU alertait sur un recul inquiétant des droits des personnes homosexuelles avec une augmentation du nombre de pays les criminalisant. Deux mois après le Sénégal, le Ghana adopte une loi durcissant les peines encourues par les personnes LGBTI+ dans un contexte de répression des personnes homosexuelles qui sont arrêtées sur simple présomption de leur orientation sexuelle. Les relations homosexuelles et le soutien d’activités LGBTI+ sont criminalisées et punies de 3 à 5 ans d’emprisonnement. Aujourd’hui, les personnes ayant des relations homosexuelles consenties risquent toujours la peine de mort dans 12 pays. Un constat accablant, qui doit être urgemment traité par les institutions internationales.
Nous demandons que les mesures LGBTIphobes adoptées par différents pays soient dénoncées et interdites par les organisations internationales et que les actions répressives des différents pays soient reconnues comme crimes contre les droits humains.
Nous exigeons la dépénalisation universelle de l’homosexualité, de la transidentité et de toutes orientations sexuelles ou identités de genre.
Nous revendiquons le droit d’exister partout, toujours et pour toujours.
Les violences LGBTIphobes pleuvent au travail et à l’école sous le silence accablant des administrations.
Nos adelphes meurent au travail avec la permission du gouvernement français et des institutions internationales. Nos droits sont sacrifiés, nos soins sont supprimés, nos identités sont niées, nos corps sont invisibilisés, mutilés, criminalisés.
Nos luttes s’inscrivent dans un combat global contre toutes les formes d’oppression : contre les personnes trans, intersexes, racisé·es, handi·es, migrant·es, travailleur·euses du sexe, précaires.
Aujourd’hui, nous appelons à l’unité : associations, syndicats, collectifs, individu·es ! Putes, trans, inter, gouines, pédés, bipan, aroace, allié·es, handi·es, racisé·es, en accord ou non avec les étiquettes, unissez-vous avec nos différences pour entrer en résistance !
La solidarité n’est pas une option, c’est une nécessité pour briser l’isolement imposé par le système qui veut nous diviser.
Aujourd’hui, nous rentrons en résistance. Nous descendons dans la rue pour reprendre nos droits. Nous ne sommes pas là pour implorer ou pour négocier, mais pour exiger la justice et imposer nos existences. Nos vies ne sont pas négociables. Nos droits doivent être inaliénables. En mémoire de celleux qui ont payé de leur vie le prix de leur identité et pour celleux qui luttent encore, rentrons en résistance ! Droits pour les putes et droits pour les trans !
Les premiers signataires :
@actionjusticeclimat_lyon
@aides_lyon
@bipanlyon
@boobs_o_bulle
@centrelgbtilyon
@chrysalide_asso
@coliqueer
@collages_feministes_lyon
@cfl.lyon
@theentreaspecs
@les_dissocies
@eclatrans
@exit_lyon
@frisse_asso
@les.inclus.es
@noustoutesrhone
@pactelyonrespirable
@queers_des_monts
@soshomophobie.lyon
@stjv_fr
@unionetudiantelyon
@uneflyon
