Marche des Fiertés de Lyon : Pourquoi deux Marches cet été ?

Face à la décision unilatérale du Centre LGBTI+ d’organiser sa propre Marche des fiertés, le CFL maintient la date du 27 juin 2026.  

Depuis trente ans, la Marche des fiertés de Lyon est le fruit d’un travail collectif, ouvert et démocratique, regroupant associations, collectifs et plus récemment syndicats.  

Le CFL ne s’est jamais opposé à l’organisation de plusieurs Marches des fiertés à Lyon mais aujourd’hui la situation est bien différente.  

Une division qui fragilise

 

Depuis 2024, le Centre essaye continuellement de reprendre l’organisation de la Marche des fiertés malgré des refus répétés des associations membres. Cela ne fait que nuire au travail commun que le CFL propose chaque année en ouvrant la Marche aux associations et désormais aux syndicats.  
Le choix du Centre d’organiser une seconde Marche s’inscrit dans la démarche de centralisation de toute la vie militante autour de ce lieu et donc dessert l’indépendance essentielle de nos luttes. Cette démarche est aussi dans une rupture avec les collectifs informels LGBTI+ portant des luttes que ne partage pas le Centre comme les questions antivalidistes et décoloniales. 

Le CFL a uni dans une même pride des luttes et des structures ayant pourtant des désaccords de forme comme de fond. Le Centre a choisi une stratégie de division de la lutte au mépris de nos communautés, en proposant un événement deux semaines après une marche, où la plupart des associations et personnes ont déjà prévu de se rendre. Ce choix précarise des associations dont les budgets de plus en plus serrés ne leur permettront pas de se rendre aux deux Marches. Cela conduit inévitablement à l’éclatement du milieu LGBTI+ en deux camps opposés. Ce que nous refusons catégoriquement ! 

Dans un contexte où partout dans le monde les droits des personnes LGBTI+ reculent, l’unité et la clarté de nos luttes sont plus nécessaires que jamais. Cette organisation fragilise la portée politique de la Marche des fiertés en détournant l’attention du public des luttes que nous menons.  

Un manque de transparence et de démocratie 

 

Pour nous, une Marche des fiertés n’appartient à aucune structure unique. Elle appartient à celles et ceux qui y participent ! 

Manque de démocratie : malgré une attente d’horizontalité, la marche du Centre s’organise de manière unilatérale. C’était pourtant le Bureau du Centre qui accusait à tort le CFL d’agir de la sorte. Alors même que notre association permet à toutes les structures le souhaitant de participer aux réunions publiques et à l’organisation pratique de la Marche. A contrario, cette seconde Marche est contrôlée et verrouillée par le Bureau du Centre LGBTI+ qui ne laisse qu’une place consultative aux collectifs y participant.  

Manque de transparence : après un vote à égalité entre seulement 12 associations membres du Centre, ce sont les 3 voix de ses bénévoles qui ont fait pencher la balance en faveur d’une organisation parallèle. Le poids disproportionné du Centre dans ce vote remet en question l’honnêteté démocratique de ce résultat. 

La rupture : depuis sa création, le CFL a systématiquement initié des échanges avec le Bureau du Centre à propos de la Marche. Cette année, de manière brusque le Bureau du Centre LGBTI+ a coupé court aux discussions et nous le regrettons.  

Une Marche pour toustes avec toustes 

 

Depuis six ans, nous avons cherché à organiser une Marche des fiertés ouverte à toutes les associations, collectifs, syndicats et personnes portant des revendications. Nous croyons que notre Marche n’a de sens que si elle s’inscrit dans un mouvement de justice sociale au sens large. Nous devons lutter contre toutes les formes de précarités et d’exclusions qui nous touchent au quotidien. Nous devons savoir nous opposer frontalement à un gouvernement qui nous méprise, ce qui est impossible lorsqu’il vous finance ! Nous nous devons d’être radicalement résolument antiracistes et antifascistes ! Nous croyons qu’un mouvement n’est fort que lorsqu’il accepte la diversité de ses composantes, sans chercher à en prendre le contrôle exclusif. 

Conclusion 

 

Par cette décision clivante le Centre LGBTI+ déstabilise nos communautés et nos luttes ! 

Nous appelons à l’unité derrière la 30e Marche des Fiertés de Lyon et Villeurbanne le 27 juin prochain.  

Une marche revendicative et festive qui nous rappelle l’importance de notre présence et nos combats. Construisons des résistances communes plutôt que des divisions internes. 

Rentrons en résistance ! Droits pour les putes et droits pour les trans !